Avec Lever la Tête, la recherche interdite sur la résistance kurde, nouveau livre de Pinar Selek, la sociologue sauve son travail scientifique confisqué

Avec l’année 2026 s’ouvre une nou­velle étape de notre lutte inter­na­tio­nale pour la liber­té d’expression et de recherche qui est au cœur de nos actions en soli­da­ri­té avec la socio­logue Pinar Selek. Cette cher­cheuse infa­ti­gable et cou­ra­geuse, fémi­niste et paci­fiste, publie le 16 février, aux Édi­tions de l’Université Paris Cité, un livre inti­tu­lé Lever la tête : l’en­quête inter­dite sur la résis­tance kurde.

En 2025, Pinar Selek a réa­li­sé que la tor­ture subie avait impri­mé dans son corps, dans tout son être, la mémoire de sa recherche. Au prix d’un effort dou­lou­reux, cette mémoire a été res­sus­ci­tée par l’écriture. Contre toute attente, l’écrivaine a réus­si à sau­ver la recherche socio­lo­gique menée dès 1995 sur le mou­ve­ment social kurde et confis­quée par les auto­ri­tés turques au moment de son arres­ta­tion en 1998. Ni la vio­lence, ni l’emprisonnement n’auront eu le der­nier mot.

Dès le 16 février, au terme de 28 ans de har­cè­le­ment, le dis­cours judi­ciaire ne pour­ra plus étouf­fer la voix cri­tique des sciences sociales, son inter­ro­ga­tion réflexive inhé­rente au pro­ces­sus de paix auquel nous tra­vaillons avec Pinar Selek depuis tant d’années déjà.

Comme elle l’écrit dans un texte adres­sé à ses pairs :

 « Lever la tête est le résul­tat d’une résis­tance au pou­voir qui fait tout pour limi­ter les liber­tés aca­dé­miques, mais aus­si pour écra­ser, détruire la recherche et la cher­cheuse. Lever la tête résiste à l’ef­fa­ce­ment, témoigne contre l’ou­bli, main­tient vivante la parole de celles et ceux qui ont ris­qué leur sécu­ri­té pour trans­mettre leur expé­rience »

Ce livre paraît en fran­çais et sera aus­si dis­po­nible en kurde dans un for­mat audio. Refu­sant l’écrasement et l’oubli, la cher­cheuse et sa recherche ouvrent ain­si un nou­vel hori­zon.

Mais l’épée de Damo­clès du 5e pro­cès de Pinar Selek la menace tou­jours de la pri­son à per­pé­tui­té et d’un man­dat d’arrêt inter­na­tio­nal qui lui inter­dit de conduire ses acti­vi­tés de recherche à l’étranger. Le dos­sier d’accusation a beau être vide, une 7e audience a été fixée au 2 avril 2026.

Plus que jamais les liber­tés d’expression et de recherches uni­ver­si­taires sont mena­cées dans le contexte actuel de guerre, de mili­ta­ri­sa­tion et de mon­tée de l’extrême-droite.

Alors que le peuple kurde tra­verse une période très dif­fi­cile face à la coa­li­tion djha­diste sou­te­nue par les grandes puis­sances poli­tiques, le nou­veau livre de Pinar Selek, Lever la tête, revi­ta­lise sa parole de paix, une parole qu’elle n’a ces­sé de por­ter depuis les débuts de sa recherche.

Avec la paru­tion de Lever la tête, Pinar Selek affirme l’irréductibilité de sa lutte. Nous la condui­sons avec elle. Et avec elle nous ne lâche­rons rien.

Comi­té inter­na­tio­nal de défense de Pinar Selek et de sa recherche





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