Pinar Selek, au nom des Kurdes

Dans son nou­vel essai « Lever la tête », la socio­logue exi­lée en France, har­ce­lée depuis vingt-sept ans par l’Etat turc, recrée près de trente ans plus tard ses tra­vaux sur les Kurdes avec pour seule arme sa mémoire. Un acte de jus­tice pour elle et pour le peuple kurde.

« J’ai sau­vé ma recherche », souffle Pinar Selek, en expri­mant des sen­ti­ments contras­tés sur la publi­ca­tion de son nou­vel ouvrage Lever la tête. La recherche inter­dite sur la résis­tance kurde, aux édi­tions Uni­ver­si­té Paris- Cité. Epui­sée, mais confiante, elle sort d’un mara­thon d’écriture et se lance dans la pro­mo­tion de ce livre qui fait renaître des tra­vaux anciens. Com­ment décrire ce tra­vail entre­pris par Pinar Selek, trois décen­nies après le séjour au Kur­dis­tan de Tur­quie, qui a fini par la conduire en pri­son ? Une explo­ra­tion de la mémoire du cœur et du corps, un défi intel­lec­tuel, une œuvre socio­lo­gique et per­son­nelle…

Retour en arrière : en 1995, la jeune socio­logue turque, habi­tuée à tra­vailler sur les popu­la­tions dites des marges — les pros­ti­tuées, les per­sonnes trans…- décide de s’atteler à un sujet tota­le­ment ostra­ci­sé par l’université de son pays : la ques­tion kurde. Dans cette Tur­quie de l’avant-Erdogan, la machine d’Etat la traite déjà sans nuance : les Kurdes sont « l’ennemi », des ter­ro­ristes et tout mou­ve­ment auto­no­miste ou indé­pen­dan­tiste est condam­né comme tel.

Par Ham­dam Mos­ta­fa­vi





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