Le Comité de défense de Pinar Selek dénonce l’agression en cours du pouvoir turc contre la communauté LGBTQIA+

Une offen­sive d’une ampleur inédite au niveau de la Tur­quie contre les per­sonnes LGBTQIA+ a débu­té depuis ce matin, dimanche 13 sep­tembre, en Tur­quie. Dans l’obscurité de l’aube, les auto­ri­tés turques ont lan­cé une vague coor­don­née de per­qui­si­tions et d’arrestations visant les orga­ni­sa­tions, les militant·es et les défenseur·ses des droits humains. Le nombre exact de per­sonnes inter­pel­lées reste incon­nu, mais il dépasse déjà 160 depuis 1h du matin. Des pour­suites judi­ciaires ont d’ores et déjà été enga­gées contre 162 « sus­pects », 9 asso­cia­tions et 13 entre­prises a annon­cé le ministre de la Jus­tice turc.

Le choix de la date est gla­çant : à l’occasion du 46e anni­ver­saire du coup d’État mili­taire du 12 sep­tembre, les sites inter­net et les comptes sur les réseaux sociaux de nom­breuses orga­ni­sa­tions LGBTI+, de médias indé­pen­dants, de col­lec­tifs étu­diants, de défenseur·ses des droits humains et de militant·es ont été sai­sis.

À par­tir de 1 heure du matin, dans la nuit du 12 au 13 sep­tembre, les opé­ra­tions se sont éten­dues à quinze pro­vinces, notam­ment Anka­ra, Mer­sin, Kuşa­dası, Istan­bul et Izmir. Par­tout le même sché­ma se repro­duit : les asso­cia­tions LGBTI+, les militant·es, les défenseur·ses indépendant·es des droits humains, ain­si que cer­tains éta­blis­se­ments et lieux de tra­vail, sont pris pour cible. Des domi­ciles ont été per­qui­si­tion­nés avant l’aube. Des portes ont été for­cées. À Istan­bul, même les locaux d’organisations appor­tant un sou­tien vital aux per­sonnes vivant avec le VIH ont été inves­tis.

Cette opé­ra­tion porte le nom cynique de « Ma famille est en sécu­ri­té » (Ailen Huzu­run­da, en Turc). Elle s’inscrit dans le cadre d’un plan pro­cla­mé par Erdo­gan « pour contrer le déclin de la nata­li­té et pro­té­ger l’institution fami­liale ». Comme le rap­pelle Libé­ra­tion dans un article publié aujourd’hui, « l’homosexualité n’est pas répri­mée péna­le­ment en Tur­quie mais l’homophobie y est lar­ge­ment répan­due jusqu’au som­met de l’État. »

Il ne s’agit pas de pro­té­ger les familles. Il s’agit d’une cam­pagne coor­don­née d’intimidation et de répres­sion diri­gée contre les per­sonnes LGBTQIA+, leurs orga­ni­sa­tions, leurs allié·es et toutes celles et tous ceux qui défendent les liber­tés fon­da­men­tales.

Alors que les opé­ra­tions sont tou­jours en cours, les militant·es attendent dans la peur, sans savoir qui sera la pro­chaine cible.

Nous appe­lons de toute urgence les orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales de défense des droits humains, les élu·es, les syn­di­cats, les orga­ni­sa­tions de la socié­té civile, les jour­na­listes et toutes les per­sonnes atta­chées à l’égalité et à la liber­té à agir dès main­te­nant et à prendre publi­que­ment posi­tion. Exi­geons la libé­ra­tion immé­diate des per­sonnes déte­nues et l’arrêt des per­qui­si­tions. Le silence ne pro­té­ge­ra pas les per­sonnes atta­quées. Il ne fera qu’encourager la répres­sion.

À quelques jours d’une nou­velle audience du pro­cès de Pinar Selek, socio­logue, écri­vaine et mili­tante pour la défense des droits de la com­mu­nau­té, LGBTQIA+, le 18 sep­tembre, à Istan­bul, cette nou­velle atteinte aux droits humains, en Tur­quie, ne peut que ren­for­cer notre déter­mi­na­tion à dénon­cer ce nou­vel acte auto­ri­taire du pou­voir turc à l’encontre de son peuple.

Comi­té inter­na­tio­nal de Défense de Pinar Selek et de sa recherche





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