Procès de Pinar Selek renvoyé au 18 septembre : « une guerre d’usure »

Mal­gré quatre acquit­te­ments, la socio­logue Pinar Selek a été convo­quée jeu­di 2 avril pour un cin­quième pro­cès en 27 ans et une sep­tième audience au tri­bu­nal d’Istanbul. Audience encore ren­voyée.

Sous la menace d’une condam­na­tion à per­pé­tui­té en Tur­quie, la socio­logue qui tra­vaillait en 1998 sur les mino­ri­tés Kurdes avant d’être arrê­tée par les auto­ri­tés turques, est tou­jours pour­sui­vie pour un pré­su­mé atten­tat qui avait pour ori­gine, après enquête, une explo­sion de gaz. Ensei­gnante à l’Université Côte d’Azur de Nice après avoir sou­te­nu sa thèse à l’Université de Stras­bourg en 2014, Pinar Selek n’a jamais pu retour­ner en Tur­quie où vit son père. Affai­bli par la mala­die, cet avo­cat n’a pas pu assis­ter jeu­di à cette nou­velle audience du tri­bu­nal qui a « duré sept minutes et a été ren­voyée au 18 sep­tembre », rap­porte Mathieu Schnei­der, membre du comi­té de sou­tien inter­na­tio­nal de Pinar Selek.

Pour cet ancien vice-pré­sident de l’Unistra, qui dirige l’École nor­male supé­rieure Louis-Lumière à Saint-Denis (93), « le pou­voir poli­tique turc qui refuse les acquit­te­ments mène une guerre d’usure, car une condam­na­tion de Pinar Selek est impos­sible sur le fond. Les juges ne savent pas com­ment la condam­ner. Alors ils ren­voient le pro­cès en expli­quant qu’ils n’ont pas pu l’entendre. Mais Pinar Selek ne se ren­dra pas en Tur­quie et une notice rouge (man­dat d’arrêt inter­na­tio­nal) ne peut pas avoir de suite. Alors les juges jouent la montre ».

Pen­dant ce temps, la socio­logue qui tra­vaille à l’Urmis (Uni­té de recherche migra­tion et socié­té) a été habi­li­tée à diri­ger des recherches, comme celles qui lui valent d’être « pour­sui­vie comme une cri­mi­nelle ».

J.-F.C.

https://www.lalsace.fr/faits-divers-justice/2026/04/02/proces-de-pinar-selek-renvoye-au-18-septembre-une-guerre-d-usure





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