Thèse : Les possibilités et les effets de convergences des mouvements contestataires, sous la répression

Les mobilisations au nom de groupes sociaux opprimés sur la base du genre, de l’orientation
sexuelle ou de l’appartenance ethnique, en Turquie.

 

Science politique. Université de Strasbourg, 2014. Français

ÉCOLE DOCTORALE 101 – DROIT, SCIENCE POLITIQUE, HISTOIRE
UMR 7354 – Droit, Religion, Entreprise et Société (DRES)
Thèse soutenue le 7 mars 2014.

 

Résumé : L’examen de l’espace militant en Turquie à travers quatre mouvements contestataires sur la base du genre, de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance ethnique, montre que les contextes conflictuels et repressifs peuvent créer les possibilités d’émergence de nouveaux mouvements contestataires et leur convergence. Ces mouvements, malgré leurs divergences, interdépendants dans la complexité de leurs dynamiques, se rejoignent dans le même cycle de contestation, germé dans les années 1980, maturé et émergé autour de 1990, qui devient l’acteur de la déconstruction d’un monopole idéologique, organisationnel et politique dans l’espace militant. L’interdépendance de ces mouvements, avec de multiples facteurs, favorise leurs convergences et leurs interactions qui dépendent aussi de leurs lignes de fractures et de dissociation, relatifs à la structuration interne des rapports sociaux, à leurs diverses modalités de hiérarchies organisationnelles. Ces conflits créent des freins aux innovations des organisations mais grâce au maintien de leurs alliances, ils provoquent des transformations par des luttes internes et renforcent les rapprochements des communautés autour de ces mouvements. Dans la complexité de ce processus entre interdépendances, tensions et influences réciproques, le nouveau cycle de contestation naît comme une pluralité de relations, à partir des années 2010, dans un espace intermédiaire où les concepts et les répertoires, les idées, les expériences voyagent.